Les "tribunations" de Frankie

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Etre ou ne pas être


Frankie a assisté à un dîner et dans nos sociétés modernes (et oh ! combien conservatrices), elle s'est rendue compte avec stupeur que de ne plus avoir de statut social défini la plaçait dans la catégorie des "sans nom". Après un long tour de table durant lequel une curieuse fée Carabosse cherchait à soutirer des informations professionnelles auprès de chaque convive, Frankie rongeait son frein en attendant son tour : "oh moi, je ne suis personne..." se préparait-elle à répondre lorsque son tour lui fut soufflé. "Un peu vexée Frankie ? Ou bien l'idée importante que tu as de toi-même a-t-elle été bousculée ?" a murmuré une voix venue de l'intérieur.

Toute la soirée, Frankie a assisté à un déballage de propos bobo de l'ex-soixante-huitarde, sur tout et sur rien. La diseuse de bonne aventure semblait tout droit sortie du pays de Candie. Tout le monde il est bôooo, tout le monde il est gentiiiiiiiil et comme Frankie ferme rarement sa gueule, bien évidemment c'est sur elle que ce sont dirigés les tirs de la roquette. A feux croisés, balles à blanc (heureusement), Frankie a eu un droit de non réponse à chaque affirmation de la diva bobo, un peu trop bourgeoise pour être tout à fait bohème mais qui avait un avis sur tout et n'entendait pas qu'on lui réponde "ça ne vaut rien" !

Pour la petite histoire, on ne peut s’empêcher de rapprocher la fée Carabosse de la méchante Déesse de la Discorde de la mythologie grecque. Cette dernière n'ayant pas été invitée au mariage de Thétis et Pélée, elle se vengea en jetant sa pomme d'or. Ce geste serait à l'origine du déclenchement de la Guerre de Troie et du décès d’Achille. Hum hum !

"Je hais les soixante-huitardes attardées" grommelait Frankie en se demandant comment elle avait pu s'en prendre plein la gueule par quelqu'un qu'elle ne connaissait pas la veille alors qu'elle n'est personne !!!!!

Faible et vaniteuse que tu es, a conclu la voix venue de l'intérieur...

 

 

© 26/12/06






"J’écris autrement que je ne parle, je parle autrement que je ne pense, je pense autrement que je ne devrais penser, et ainsi jusqu’au plus profond de l’obscurité."
Franz Kafka